Parcourir le monde en restant en France grâce à un projet solidaire, récit de 5 compagnons

Cet été, Malo, Fanny, Théo, Eugénie et Isabelle, cinq compagnons, ont eu la chance de vivre un projet solidaire et tourné vers la rencontre qui les a profondément marqués. Un projet « international » mais vécu en France. Un choix assumé et bien pensé qui n’avait rien à voir avec les contraintes sanitaires et les fermetures de frontière. Ils nous expliquent.

Comment a mûri l’idée de ce projet ?

« Pendant notre camp de première année, nous avons réfléchi tous ensemble au projet international de nos rêves. Nous avons étudié beaucoup de possibilités, mais ce qui nous est apparu tout de suite, c’est le désir de ne pas prendre l’avion. Pour nous, ça n’avait pas de sens de donner de l’énergie en aidant les autres, tout en salissant l’environnement. La décision a donc été prise : on reste en France. Dès lors, nous avons cherché l’association qui devait répondre à nos critères : solidarité, écologie et dimension internationale. Et après des semaines de recherches, nous avons trouvé la perle rare : Tero Loko. »

C’est quoi Tero Loko ?

« Tero Loko, c’est 4 associés qui se sont lancés dans la création d’un lieu d’accueil et d’insertion des personnes réfugiées en territoire rural, à 50km de Grenoble. L’association propose donc à 15 personnes accueillies de travailler en tant que salariés en maraîchage et boulangerie tout en bénéficiant d’une réinsertion totale : professionnelle, sociale et sociétale, avec l’apprentissage du français par exemple. C’est aussi une association où tous les membres participent à la gouvernance et qui s’inscrit dans une démarche de développement durable et de sensibilisation à l’environnement, en bref, l’association de nos rêves. »

Comment s’est déroulé votre projet sur place ?

« En arrivant, nous avons vite découvert que les valeurs du scoutisme étaient très présentes dans l’association : partage, respect de chacun, ouverture d’esprit … Ils nous ont tout de suite intégrés. Les autres salariés se sont livrés à nous et nous ont partagé, leur expérience de la précarité, leur voyage pour arriver en France … Leur confiance et leur histoire nous ont profondément touchés.

Nous étions en contact avec eux pendant notre travail de maraîchage le matin. L’après-midi nous tournions un court-métrage pour présenter notre projet, dans lequel ils ont accepté de témoigner, c’était génial. »

Avez-vous le sentiment d’avoir été dépaysés quand même ?

« Bien sûr. Tout d’abord par les paysages car l’Isère c’est bien différent du Nord. Mais aussi par la présence des personnes réfugiées. Même s’ils doivent parler français à 99% du temps, leurs histoires et leur expérience nous ont transportés. Nous avons eu la sensation d’être partis à l’autre bout du monde pendant 2 semaines, c’était ressourçant. »

Quels conseils donneriez-vous à une équipe qui souhaite faire son projet international en France ?

« Il ne faut pas hésiter ! Nous aussi nous avons eu peur, peur de manquer d’échanges interculturels par exemple, mais pas du tout ! La dimension internationale peut se trouver autant à l’étranger qu’en France et les échanges sont tout aussi riches. Il est même possible de se sentir utile et dépaysé en bas de chez soi, il suffit de chercher ! »