Vœux 2021 de Marie Mullet-Abrassart

« L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès » Baden-Powell

Chère cheftaine, cher chef, chers responsables,

Qu’ils sont difficiles à écrire ces vœux 2021… Qu’il est difficile de savoir quoi souhaiter à chacun d’entre vous qui puisse un tant soit peu vous donner de l’énergie, ne pas sonner creux, paraître naïf, bisounours ou désespéré dans cette période inédite et incertaine. Qu’il est difficile de trouver les mots qui puissent, à la veille d’un probable 3ème confinement et 10 mois après le 1er, vous dire ce qui peut tout de même, ce qui doit fonder notre espérance ! Si ces mots n’arrivent que fin janvier c’est sans doute un peu pour ça, parce que je retourne dans ma tête depuis des semaines les messages que j’aimerais partager avec vous, le faire avec sincérité et honnêteté à un moment où moi aussi, je cherche des raisons d’y croire, d’avancer, toujours, et avec le sourire. Soyons franc, l’année 2020 nous aura laissé rincés, éberlués, interloqués, inquiets, interrogatifs sur la suite.

Le passage en 2021 voudrait sonner comme une autre perspective, la possibilité d’écrire autrement les choses, de sortir de cette impression de subir, de reprendre la main sur la société, sur nos vies, SUR NOS LIENS. Nous faisons en effet, depuis mars dernier, l’expérience quotidienne de ce que la technologie, bien que nous aidant à garder trace, à construire autre chose, ne comble pas, ne remplace pas : la présence de l’humain ! Le pire après cette pandémie serait donc de rester spectateurs et spectatrices de cette période et de regarder ce qui se délite au lieu de ce qui se transforme. Et je veux croire qu’il y a plus de choses qui seront transformées et embellies. Je veux croire que les scouts et les guides, par ce qu’ils vivent depuis un an grâce à vous, par ce qu’ils ont continué de construire avec leur équipe, par les camps que vous avez pu assurer quand tout était si compliqué, porte en eux des signes que tout est possible, que le scoutisme est une manière de ne pas baisser les bras. En maintenant les liens, en choisissant le collectif contre le repli, en choisissant l’expérimentation face à la tentation de ne plus faire, au cas où…

Voilà le 1er vœu que je formule : préservons le lien, construisons le lien, repensons nos liens ! Soyons sûr qu’ils sont notre 1ère richesse, qu’ils en disent plus long sur nos rêves, nos espoirs, nos envies, parce qu’ils se nourrissent de la relation, des joues rouges après avoir gagné le jeu de piste en équipage, du rire auprès du feu sous les étoiles, du regard fier d’avoir réussi sa 1ère table à feu. « Il est quelque chose de fondamental et d’essentiel à reconnaître pour progresser vers l’amitié sociale et la fraternité universelle : réaliser combien vaut un être humain, combien vaut une personne, toujours et en toute circonstance » Fratelli Tutti. En choisissant envers et contre tout la Fraternité, nous choisissons l’humain et le collectif. Nous choisissons que notre association construise des citoyens et citoyennes heureux, utiles, actifs et artisans de Paix et que ces mots ne soient pas qu’une incantation mais qu’ils dansent au milieu de chaque choix que nous ferons, de chaque jeune qui nous rejoindra, de chaque adulte qui voudra s’engager. Que ces mots se lisent dans chaque réflexion qui fondera notre futur plan d’orientation. Que cette Fraternité, l’accueil de la différence, la recherche de la diversité, celle qui nous bouscule, qui nous met mal à l’aise parfois, nous dessine des nouveaux chemins de traverse. Vivre le scoutisme, c’est porter une espérance pour nous-mêmes et pour les autres. C’est choisir de jouer un rôle dans sa propre vie et de faire des choix qui construisent et qui disent l’espérance d’un Monde qui peut, qui doit, qui va changer.

Nous ne subissons pas notre société, nous la choisissons, même en période Covid, même quand on est confiné, même quand cela finalement nous arrangerait que d’autres choisissent pour nous.

Chez les Scouts et Guides de France nous éduquons les enfants à construire leurs décisions, à débattre, à prendre des responsabilités, à tous niveaux, dans tous les lieux de démocratie : « C’est par l’action que les enfants et les jeunes sont éveillés à l’autonomie et à la responsabilité, en se confrontant à la réalité, et qu’ils vivent des expériences au cœur des grandes questions du monde ». C’est notre ADN : apprendre aux jeunes à réfléchir et à s’engager c’est participer à une Eglise, une société qui se choisit, qui décide que chacun et chacune fait partie d’un corps social plus grand que lui, plus grand que sa situation personnelle, plus grand que son confort du moment, plus grand que soi. Un corps social qui tisse du lien, qui ne renvoie pas la totale responsabilité de son bien-être aux élus mais qui prend en main sa destinée, qui sait l’orienter, la cultiver. Un corps social qui duplique les énergies pour répondre aux enjeux que nous ne pouvons plus ignorer.

C’est le 2ème vœu que je formule : l’après n’est pas qu’un concept abstrait, une rhétorique, c’est une volonté qui doit se dessiner ! Ce n’est pas la crise qui changera quelque chose. C’est ce que nous en ferons.

« L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès »

En avant 2021 ! Nous serons là, joyeux et optimistes, engagés et prêts à construire l’Après que nous décidons, dès aujourd’hui, de rendre concret.

Marie Mullet-Abrassart