Idéathon : quelles idées a-t-on tous ensemble pour un monde meilleur ?

L’idéathon a été l’un des temps fort des Journées Nationales autour de la conversion écologique. Ou comment faire jaillir la créativité des participants à travers une ambition du plan d’orientation pour la mise en place d’actions concrètes. Un mode opératoire à s’approprier en unité, groupe et territoire pour innover, aller plus loin, se remettre en cause et agir ! Mode d’emploi.

Il fait très beau ce dimanche après-midi et les 50 participants volontaires pour tester l’idéathon se répartissent aisément par groupe de 10 autour d’une table. Chaque table est animée par un expert venu de partager ses connaissances et de faire germer chez ses auditeurs et auditrices des idées concrètes d’actions à mettre en place. Top chrono ! 10 minutes de prise de parole pour Jean Jouzel (expert climatologue auprès du Giec), Didier (chercheur en biodiversité sous-marine), Nicole (responsable des Guides du Rwanda), Coline (Déléguée nationale à l’international chez les Scouts et Guides de France), Jo Deman (vice-président de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout). Des profils variés qui ont en commun de passionner immédiatement leur auditoire.

Savoir atterrir dans le concret

Puis vient le temps des échanges : à partir de l’exposé initial, chacun peut poser des questions, proposer des idées, raconter ce qu’il vit à son niveau chez les SGDF. « Pour chaque jeune inscrit, on plante un arbre » explique Xavier. « Quand on prépare un camp, on prend tout de suite contact avec les producteurs locaux et on récupère ensuite tout ce dont on a besoin » ajoute Marie. Les discussions vont bon train ; chacun note les idées qu’il veut mettre en place ou simplement auxquelles il veut réfléchir.

Au bout d’une demi-heure, il est temps de passer à la phase suivante : l’expert change de table pour aller nourrir la réflexion d’un second groupe de 10 participants. Et ainsi de suite jusqu’à la réalisation d’un tour complet des 5 tables. « L’important c’est que chacun reparte avec des éléments concrets, que ce ne soit pas des paroles en l’air » explique Elise, responsable de la comission conversion écologique des Junrées Nationales et qui a mis en place cette opération. Et visiblement, ça marche !

Pratiquer la méthode E.R.C. : éviter, réduire, compenser

« Pour toute innovation, il est important voire primordial de respecter la démarche E.R.C. : Éviter, Réduire, Compenser » insiste Jean Jouzel. Ainsi chaque innovation doit être évaluée à l’aune de critères écologiques. Puis il faut voir comment réduire son impact environnemental au maximum. Ensuite on passe à la phase compensation… « Et compenser ne veut surtout pas dire rachat systématique mais surtout pédagogie, et chez les SGDF, on pratique bien cet aspect ! » ajoute Elise.

Il n’y a pas de petits projets, tout compte !

A l’issue de l’idéathon, les participants repartent avec le plein d’idées. « Dans mon unité, j’ai vraiment envie d’éduquer les jeunes aux espèces animales et végétales qui les entourent ; pour moi, il faut remettre cela au cœur de la promesse » témoigne Olivier.
« J’ai pris clairement conscience de la nécessité d’avoir des actions régulières, de les pérenniser : l’exemple des guides du Rwanda qui font des grands nettoyages dans la nature une fois par mois m’a vraiment interpellé » dit Noémie. Pauline, cheftaine caravelles-pionniers, va se mettre en quête d’un membre qui connait bien la biodiversité, pour se former en maîtrise et pouvoir ensuite partager avec ses jeunes. « Et cela commence par apprendre à cuisiner les légumes » ajoute-t-elle en riant.

« Rencontrer des spécialistes, pouvoir discuter avec eux, c’est vraiment intéressant » complète Baptiste, accompagnateur pédagogique à Lyon. « Cela motive pour avoir des projets plus ambitieux, pour faire des propositions enrichissantes à nos maîtrises… ». « Les gens passionnés sont passionnants » confirme Axel, responsable pédagogique à Calais, content d’avoir pu échanger avec des personnalités comme Jean Jouzel. « Même si c’est un ponte dans son domaine, il distille des choses pratico-pratiques. Il nous ramène à l’essentiel », explique-t-il.

Aucun doute sur l’intérêt de l’idéathon, les participants en redemandent ! « C’est joyeux de voir que tout le monde a la même dynamique. Être convaincu parmi les convaincus donne une force d’attraction supplémentaire » s’enthousiasme Axel. Alors, à chacun ensuite d’en organiser dans son groupe, son territoire, son unité. Et Elise de conclure : « la richesse et la diversité des personnes chez les SGDF font que partout, on a des spécialistes de questions extrêmement variées ; sachons les solliciter pour faire avancer nos réflexions, à tous niveaux ! »